Les 72 premièresheures après un BBL
Ce sont les trois jours dont personne ne parle assez, et ceux où le plus de dégâts évitables se font. Voici ce qui se passe, et quoi faire.
Un BBL, ce sont deux chirurgies dans la même : une liposuccion sur des zones dites donneuses — le ventre, les flancs, le dos, parfois les cuisses — et une greffe de la graisse récoltée vers les fesses. Ça veut dire deux récupérations différentes qui se déroulent en même temps sur le même corps, avec des règles opposées.
Les zones donneuses veulent que ça bouge, que ça draine, que la lymphe circule. La greffe, elle, veut la paix la plus totale possible : les cellules graisseuses transférées n'ont pas encore de vaisseaux sanguins à elles. Elles doivent s'en faire pousser, et pour ça, il ne faut ni les écraser, ni les priver de sang.
C'est toute la difficulté du BBL : le bas du corps doit rester très actif pendant que les fesses restent totalement immobiles.
Jour 0 à jour 1 : ne pas s'asseoir
La règle est simple et non négociable : aucun poids direct sur les fesses. Le chirurgien fixe la durée — souvent deux à huit semaines selon les écoles, Lui seul peut trancher.
Concrètement, ça veut dire :
- dormir sur le ventre ou sur le côté, jamais sur le dos
- utiliser un coussin BBL dès qu'une position assise est nécessaire, placé sous les cuisses et non sous les fesses
- s'asseoir le moins possible et le plus brièvement possible, même avec le coussin
- prévoir le trajet du retour à plat ventre ou sur le côté, pas assise
C'est la partie que les femmes sous-estiment le plus, souvent parce qu'elles rentrent de l'étranger et qu'un vol de cinq heures ne se fait pas couchée. Le cas échéant, parle-en à le chirurgien avant de réserver le retour, pas après.
Jour 0 à jour 3 : bouger sans forcer
L'immobilité complète est dangereuse : elle augmente le risque de caillot. Le bon équilibre, c'est de te lever marcher quelques minutes plusieurs fois par jour, dès que l'état le permet, sans jamais chercher l'effort.
Marche lentement, dans le corridor, appuyée si nécessaire. Bois beaucoup d'eau. Ne reste pas plus de deux heures d'affilée sans avoir bougé les jambes, même couchée : des flexions de cheville font déjà une différence.
La gaine et les mousses
La compression sur les zones donneuses limite l'enflure, aide la peau à se recoller au muscle et rend les premières semaines beaucoup plus confortables. Les protocoles courants demandent la gaine 24 heures sur 24 les deux à trois premières semaines, retirée seulement pour la douche.
Les planches de mousse — le lipo foam — se placent entre la peau et la gaine, sur le ventre et le dos. Elles répartissent la pression et évitent que les coutures de la gaine ne creusent des marques qui, elles, peuvent rester.
La gaine ne doit jamais comprimer les fesses.
Quand commence le drainage
La plupart des protocoles publiés placent la première séance de drainage lymphatique entre 24 et 72 heures après la chirurgie, une fois le feu vert du chirurgien obtenu. Ensuite, deux à trois séances par semaine pendant les deux premières semaines.
Sur un BBL, le drainage se fait uniquement sur les zones donneuses : ventre, flancs, dos, cuisses. Jamais sur les fesses, jamais de pression sur la greffe. Si quelqu'un te propose de « travailler » les fesses dans les premières semaines, change de personne.
Ce qui est normal les trois premiers jours
- un suintement rosé par les points d'incision, parfois abondant
- des bleus étendus et impressionnants sur les zones aspirées
- une enflure qui augmente encore au jour 2 et 3 avant de commencer à baisser
- des fesses qui paraissent énormes, puis qui perdront du volume : c'est prévu
- une fatigue lourde, et une humeur qui descend au jour 3
Ce qui n'est pas normal
Contacter le chirurgien ou consulter le jour même en présence de :
- de la fièvre ou des frissons
- une rougeur qui s'étend, une peau chaude au toucher
- une douleur qui augmente au lieu de diminuer
- un écoulement épais, verdâtre ou malodorant
- une enflure soudaine d'un seul côté
- un mollet douloureux, un essoufflement, une douleur à la poitrine
Le dernier point est une urgence, pas un appel à faire demain matin.
Ce qu'il faut avoir chez soi avant de partir
Prépare tout avant la chirurgie, parce qu'ensuite les déplacements deviennent difficiles : un coussin BBL, la gaine et une gaine de rechange, des planches de lipo foam, des serviettes foncées, des piqués jetables pour le lit, de l'eau, des repas faciles, et une présence pour aider les trois premiers jours.
Et le plus important : le numéro de le chirurgien, accessible sans avoir à chercher.
Information générale. Le chirurgien décide de ce qui s'applique à chaque cas.
Combien de séances de drainage ?
La question la plus posée, et celle où les réponses varient le plus. Voici les repères qui reviennent dans la plupart des protocoles.
La fibrose après une lipo
Des zones dures apparaissent souvent vers la troisième semaine, sans avertissement. Voici ce que c'est, et ce qui aide.
Opérée à l'étranger, et de retour ici
Le forfait couvrait la chirurgie et une semaine d'hôtel. Il ne couvrait pas les huit semaines suivantes, qui se passent ici.
La gaine de compression
C'est la seule chose sur laquelle tous les chirurgiens s'entendent, et celle que les clientes suivent le moins.
Poser une question
Ce guide est général. Chaque situation ne l'est pas : le type de chirurgie et sa date permettent de situer le parcours.