Opérée à l'étranger,et de retour ici
Le forfait couvrait la chirurgie et une semaine d'hôtel. Il ne couvrait pas les huit semaines suivantes, qui se passent ici.
Une grande partie des femmes qui reviennent de Colombie, du Mexique, de Miami ou de Turquie rentrent avec un très bon résultat chirurgical et aucun plan pour la suite. Le forfait comprenait souvent quelques massages sur place, la première gaine, et c'est tout.
Or la récupération se joue sur six à huit semaines. Autrement dit : l'essentiel du suivi se passe après le retour, dans un pays où personne n'a le dossier.
Avant de partir
- Le suivi ici se réserve avant le départ. Les plages des deux premières semaines après le retour sont les plus demandées, et ce sont celles qui comptent le plus.
- Demander à la clinique la liste écrite de ce qui sera fait : type exact de chirurgie, zones traitées, volume greffé s'il y a lieu.
- Vérifier la couverture d'assurance voyage. La plupart des polices excluent les complications d'une chirurgie élective. À vérifier avant, pas après.
- Prévoir une aide pour les trois premiers jours du retour. Les courses ne seront pas possibles.
- Prévoir une deuxième gaine. Il en faut une propre pendant que l'autre sèche, et les tailles ne se trouvent pas facilement ici.
Ce qu'il faut absolument rapporter
Le dossier vaut plus que la gaine. Ne jamais repartir sans lui.
- le rapport opératoire, ou à défaut une note écrite décrivant l'intervention
- la liste des médicaments prescrits, avec les noms génériques
- les consignes post-opératoires, par écrit
- une façon de joindre le chirurgien : numéro direct, WhatsApp, courriel
- les photos avant, si la clinique en a pris
- les accessoires : coussin, planches de mousse, panneau lombaire
Si le rapport est en espagnol ou en turc, garde-le tel quel. Une traduction approximative vaut moins que l'original, et un professionnel ici saura le lire.
Le vol du retour
C'est le moment le plus risqué du parcours, et le plus souvent négligé.
- Ne pas réserver le retour trop tôt. La plupart des chirurgiens demandent d'attendre au moins 7 à 10 jours, parfois plus. C'est le chirurgien qui tranche.
- Se lever et marcher toutes les heures ou deux dans l'allée. L'immobilité prolongée après une chirurgie augmente le risque de caillot.
- Bouger les chevilles régulièrement, même assise.
- Boire beaucoup d'eau, bien plus que d'habitude, et éviter l'alcool.
- Garder la gaine pendant tout le vol.
- Après un BBL, prendre le coussin en cabine et demander un siège permettant de se tenir penchée vers l'avant.
Un mollet douloureux, un essoufflement ou une douleur à la poitrine pendant ou après le vol : c'est une urgence. On va à l'urgence, on n'attend pas le lendemain.
Reprendre le suivi ici
La première question qu'on te posera, c'est : qu'est-ce qui a été fait exactement, et quand. C'est pour ça que le rapport opératoire compte tant.
Ensuite, le travail reprend là où il a été laissé. Des massages reçus sur place comptent au bénéfice du parcours. À défaut, le retard se rattrape — c'est plus long, mais c'est la situation la plus fréquente et elle n'a rien d'un cas désespéré.
Ce qui change vraiment, opérée là-bas
Une seule chose, mais elle est importante : aucun praticien à proximité n'assure la reprise du dossier si quelque chose tourne mal. Un chirurgien à 4 000 kilomètres ne peut pas examiner à distance.
Ça veut dire deux choses. D'abord, il faut savoir exactement quels signes doivent amener à consulter ici, sans attendre. Ensuite, il faut avoir un plan : quelle clinique sans rendez-vous, quel hôpital, et le fait qu'on peut se présenter à l'urgence pour une complication post-opératoire même quand la chirurgie a été faite ailleurs.
Les signes qui ne s'attendent pas
- fièvre, frissons
- rougeur qui s'étend, peau chaude
- douleur qui augmente au lieu de diminuer
- écoulement épais ou malodorant
- une incision qui s'ouvre
- enflure soudaine d'un seul côté
- mollet douloureux, essoufflement, douleur à la poitrine
Aucun de ces signes ne se règle avec un massage. Ils se règlent avec un médecin.
Information générale. Le chirurgien décide de ce qui s'applique à chaque cas.
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Poser une question
Ce guide est général. Chaque situation ne l'est pas : le type de chirurgie et sa date permettent de situer le parcours.